Les élus PS lancent un "avis de tempête" sur les collectivités

Publié le par ps maromme

Reuters

    A la tête de la quasi-totalité des régions et d'une majorité de départements français, le Parti socialiste tire la sonnette d'alarme devant la réduction des dotations publiques aux collectivités territoriales. 

    Les contrecoups de la crise financière actuelle accroissent encore les inquiétudes des élus locaux de l'opposition, qui craignent une réduction des crédits accordés par les banques.

    L'Etat fait porter un poids de plus en plus conséquent sur les collectivités locales en leur transférant des compétences sans leur affecter de moyens suffisants, selon le président de la région Aquitaine Alain Rousset, qui juge "fantaisiste" l'idée que la décentralisation se fait "à l'euro près".

    Le projet de loi de finances pour 2009, qui sera examiné à partir de la semaine prochaine, occasionnera une diminution des dotations aux collectivités, affirme le PS, parce qu'il est basé sur des hypothèses économiques erronées.

    Ce texte prévoit 52,3 milliards de prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales, soit une augmentation de 2% par rapport à 2008, égale à une prévision d'inflation très sous-estimée, selon le PS.

    "Au moins 15.000 communes ou intercommunalités verront leur dotation baisser ou stagner, ce qui constitue une baisse drastique du pouvoir d'action des collectivités territoriales", souligne André Laignel, secrétaire national adjoint aux élus.

    Il dénonce "la stratégie d'étouffement et de dénigrement du gouvernement" et cite en exemple la réforme envisagée de la Dotation urbaine de solidarité, dont 238 communes devraient être privées.

    LE GOUVERNEMENT "NOUS FAIT LES POCHES"

    Claudy Lebreton, président de l'association des départements de France, estime pour sa part à "plus d'un milliard d'euros" le coût pour les collectivités locales des coupes sombres réalisées dans la dotation pour les départements, les droits de mutation et la réforme de la taxe professionnelle.

    Le gouvernement "nous garrotte et nous fait les poches", reprend Alain Rousset, selon qui les investissements dictés par l'Etat sont en forte augmentation. "Dans ma région, on va passer de 25% à 45% (d'investissements dictés) d'ici 2013", dit-il.

    L'ex-candidat à la mairie de Bordeaux souligne pourtant que les régions, dont 20 sur 22 sont dirigées par le PS, doivent être particulièrement soutenues dans une période difficile parce qu'elles sont des acteurs majeurs de l'économie.

    "La France décroche en termes de croissance et d'emploi. La région porte en Europe les politiques de développement. Il n'y a pas un pays d'Europe qui n'en ait pas fait son pilier. Le procès fait aux collectivités locales est à côté de la plaque."

    Pour compenser la diminution des dotations, André Laignel brandit la menace de hausse d'impôts locaux.

    Les collectivités "ne pourront pas échapper au recours à la hausse de la fiscalité, au recours à l'emprunt, si les banques prêtent", dit en écho Claudy Lebreton.

    Mais en pleine crise et malgré l'élaboration d'un plan de soutien de 360 milliards d'euros annoncé lundi par Nicolas Sarkozy, "on se demande ce que les banques vont faire pour les collectivités", observe-t-il, alors que plusieurs villes et départements sont déjà en difficulté pour la fin de l'année.

    "Si on a moins d'Etat et moins d'emprunt, demain l'investissement va plonger", s'alarme l'élu breton. "Et si des entreprises ferment, on imagine l'effet cascade."

    Alain Rousset plaide lui pour un décloisonnement de l'aide européenne: "Nous avons proposé qu'on supprime le zonage de l'aide à finalité régionale. Nous demandons qu'on négocie avec Bruxelles pour que tout le territoire soit couvert et la possibilité de fonds de garantie pour les banques."

    "Si nous n'avons pas d'intervention de l'Etat, c'est l'arrêt de millions d'investissements", prévient-il.

    Publié dans Communiqué

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