Ségolène Royal prône des "relations nouvelles" avec la Chine

Publié le par ps maromme

        

PEKIN (Reuters) - Marchant dans les pas de François Mitterand, qui s'était rendu en Chine quelques mois avant son élection en mai 1981, Ségolène Royal a souhaité samedi nouer des "relations nouvelles" entre Paris et Pékin.

Au premier jour de sa visite dans la capitale chinoise, la candidate socialiste à la présidentielle a tenu un discours économique volontariste, aux accents parfois protectionnistes, évoquant les "délocalisations douloureuses" parce que "insuffisamment préparées".

Il faut "saisir la chance du développement de la Chine", aujourd'hui quatrième puissance économique mondiale, a-t-elle expliqué en marge d'une visite sur la Grande muraille, dans les environs de la capitale chinoise.

A ses yeux, il faut réarmer la puissance publique pour aider les entreprises, petites ou grandes, à exporter mieux.

"C'est possible, c'est une nouvelle frontière pour nous, la Chine. Nous devons regarder cette nouvelle frontière avec beaucoup d'esprit de conquête mais sans être naïfs", a souligné Ségolène Royal, qui a distillé par très petites touches les allusions à la situation des droits - sociaux, politiques ou syndicaux - en Chine.

Il y a en Chine "encore beaucoup de difficultés" et "des inégalités très rudes". C'est pour cela que la France doit aider Pékin dans son "cheminement vers les droits sociaux" et tenir une "parole de vérité" à l'égard de Pékin.

A 18 mois de l'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, elle a vu dans la compétition sportive internationale un double "effet accélérateur".

Pour les Chinois, qui vont avoir accès "à une forme de consommation" mais aussi pour les entreprises françaises qui doivent en profiter pour exporter encore plus, notamment dans le domaine de l'agroalimentaire et de l'industrie du sport.

UNE "MÊME VISION DU MONDE"

Après s'être rendue à la Grande Muraille, elle a visité plusieurs chantiers de sites olympiques, comme le futur stade, enchevêtrement de lannières de béton ou la piscine, bâtiment rectangulaire réhaussé de fenêtres aux airs de bulles d'air.

En février 1981, quatre mois avant son avènement à l'Elysée, François Mitterand était venu en Chine, accompagné par Lionel Jospin et Gaston Deferre.

"Je reviens dans ses pas d'une certaine façon", a reconnu son ancienne ministre de l'Environnement 25 ans plus tard. "Je ne sais pas si l'histoire se répète", a-t-elle ajouté dans un sourire à quatre mois du premier tour.

"En même temps, le monde a changé, l'époque a bougé, la Chine a énormément évolué et le moment est venu de nouer des relations nouvelles entre la France (...) et la Chine", a fait valoir la candidate s'aventurant sur un terrain - l'Asie - qui est l'apanage de Jacques Chirac depuis douze ans.

Les deux pays, tous deux membres permanents du conseil de sécurité des Nations Unies, partagent "la même vision du monde", a-t-elle souligné, renouvelant ses critiques sévères de la politique diplomatique américaine. "Nous ne voulons pas d'une seule hyperpuissance qui a fait beaucoup de dégâts récemment".

En fin de journée, l'entourage de la candidate a fait savoir qu'elle rencontrerait finalement le vice-président chinois lundi et non le président, Hu Jintao, comme l'espérait une partie de la délégation.

En revanche, alors qu'elle a placé sa visite de quatre jours sous le signe de l'écologie et de la lutte contre les délocalisations, elle s'entretiendra lundi avec les ministres de l'Environnement et du Commerce extérieur.

Publié dans Communiqué

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