Royal pour la mise en place rapide d'une réforme de la PAC

Publié le par ps maromme

 
 

       
 

SÉGOLÈNE ROYAL PRÔNE LA MISE EN PLACE RAPIDE D'UNE RÉFORME DE LA PAC
agrandir la photo

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal appelle à dépasser les déclarations de principe sur les négociations agricoles à l'OMC et à mettre, par ailleurs, en place assez rapidement une réforme de la PAC.

La candidate socialiste à l'élection présidentielle a été interrogée lors d'une visite au Salon de l'Agriculture sur le bilan du président Jacques Chirac en matière agricole.

SÉGOLÈNE ROYAL POUR LA MISE EN PLACE RAPIDE D'UNE RÉFORME DE LA PAC
agrandir la photo

"Il faut reconnaître qu'il a quand même un bon contact avec les agriculteurs (...) mais en même temps tous les chantiers sont devant nous. Rien n'est réglé", a-t-elle déclaré lors d'un bref point de presse, après avoir partagé un petit-déjeuner avec des éleveurs de viande bovine.

S'agissant des négociations à l'Organisation mondiale du commerce, elle y a vu "un problème extrêmement chaud, extrêmement urgent".

"Aujourd'hui, il y a des déclarations de principe mais il va falloir obtenir des résultats", a estimé la présidente de la région Poitou-Charentes.

Le Premier ministre, Dominique de Villepin, lors de sa propre visite au Salon de l'agriculture lundi dernier, avait déclaré que la France cherchait à ramener "du bon sens" dans les négociations en cours et aucunement à les bloquer.

Ségolène Royal a dit, pour sa part, vouloir "faire en sorte que la France obtienne impérativement de ne plus faire de concessions pour protéger son agriculture".

La réduction des subventions à l'agriculture en Europe et aux Etats-Unis et la baisse des droits de douanes industriels appliqués par les pays émergents du G-20 sont les deux principaux points de blocage qui empêchent de sortir le cycle de négociations de Doha de l'impasse dans laquelle il se trouve.

A propos de la réforme de la Politique agricole commune, la candidate socialiste à l'Elysée l'a jugée "difficile".

"Il va falloir la mettre en place assez rapidement pour que les agriculteurs puissent anticiper", a-t-elle dit. "Je sens que les agriculteurs sont inquiets, ils ont peur du changement des règles. C'est dès maintenant que nous devons préparer avec eux cette réforme de la PAC".

"NOUS LAISSER RESPIRER3

Dans son "pacte présidentiel", Ségolène Royal prône une meilleure articulation entre agriculture et environnement et se prononce pour une réforme des aides agricoles européennes afin de favoriser une diversification de l'agriculture, notamment biologique.

Elue d'une circonscription agricole des Deux-Sèvres depuis 20 ans, elle déplore que "70% des aides" aillent à "30% des exploitants".

Le budget de la PAC a été sanctuarisé pour la période 2007-2013 après un accord acquis in extremis en 2002 entre la France et l'Allemagne.

Face à l'intransigeance britannique, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont obtenu que les dépenses agricoles soient plafonnées à leur niveau de 2006, en contrepartie d'un engagement que la PAC demeurerait inchangée d'ici 2013.

"Surtout, ne rebadigeonnez pas (l'accord) en 2008", a imploré un éleveur de vaches limousines devant Ségolène Royal pendant le petit-déjeuner où elle a dégusté un steak de boeuf charolais. "Il faut nous laisser respirer jusqu'en 2013", a-t-il plaidé.

Si elle est élue à l'Elysée en mai, Ségolène Royal s'appuiera sur le rapport d'étape prévu en 2008 pour engager la renégociation de la PAC, a cependant précisé Bruno Rebelle, son conseiller pour l'environnement qui l'accompagnait dans les allées du palais d'exposition de la Porte de Versailles.

Il faut "plus d'équité et de transparence dans l'attribution des aides et s'assurer que les politiques européennes servent une nouvelle orientation de l'agriculture", a-t-il précisé.

Mardi à Berlin, Ségolène Royal a évoqué cette future réforme de la PAC lors de sa rencontre avec Angela Merkel.

"La France et l'Allemagne n'ont pas toujours été sur les mêmes positions", a reconnu Bruno Rebelle, mais face à la chancelière allemande, la candidate socialiste "a pu expliquer la différence entre s'arc-bouter sur une PAC inchangée, ce qui a dressé l'ensemble des pays européens contre la France, et une renégociation".

Publié dans Présidentielles 2007

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article