il y a 50 ans

Publié le par ps maromme

Il y a 50 ans, le traité de Rome donnait naissance à l'Europe

NOUVELOBS.COM | 25.03.2007 | 11:19

 

Les dirigeants des 27 membres de l'Union européenne doivent soutenir une déclaration à la gloire de l'Europe en se fixant pour objectif de la sortir de l'impasse institutionnelle en 2009.

 

La chancelière Angela Merkel aux côtés de son époux Joachim Saür.

 

La chancelière Angela Merkel aux côtés de son époux Joachim Saür.

(Reuters)

 

Le soleil éclatant qui régnait samedi à Berlin a donné une tonalité optimiste à la célébration du 50e anniversaire du Traité de Rome, que les dirigeants européens marqueront dimanche 25 mars par leur volonté de sortir rapidement l'Europe de l'impasse institutionnelle. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union, accueillis par une Angela Merkel vêtue d'une veste vieux rose, ne risquent pas le surmenage dans la capitale allemande. Après un concert donné par l'Orchestre philharmonique de Berlin, qui jouera notamment la Cinquième Symphonie de Ludwig van Beethoven et son Ode à la Joie, devenu l'hymne officiel de l'UE, devaient dîner en compagnie de leurs époux ou épouses au château de Bellevue, au centre de la capitale. 

Une déclaration commune 

Berlin s'est d'ailleurs parée de ses plus beaux atours pour fêter dignement l'événement: musées ouverts toute la nuit, feux d'artifice, nuit européenne des discothèques et, dimanche, concert du rocker Joe Cocker à la Porte de Brandebourg. La "Déclaration de Berlin" sera adoptée dimanche sans passer par les affres d'une négociation difficile, comme les Vingt-Sept en ont l'habitude: le texte fait déjà l'objet d'un accord. Les présidents de l'Union européenne, Angela Merkel, de la Commission, José Manuel Barroso, et du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, prononceront des discours entrecoupés de musique avant de signer le texte sans autre forme de débat. Les dirigeants européens, qui déjeuneront ensuite, n'auront donc aucune occasion de se chamailler sur l'avenir de la construction européenne, sujet qui les divise pourtant, et n'auront même pas la possibilité d'y apposer leur signature. 

Le passé et l'avenir s'entremêlent en 2007 

C'est exactement ce qu'a voulu la chancelière, qui a rédigé le texte le plus consensuel possible afin de préserver les chances de trouver en juin prochain une esquisse d'accord sur la manière de surmonter les "non" français et néerlandais à la Constitution européenne, qui ont plongé l'Europe dans la crise. Le symbole n'est pas mince que de célébrer dans la capitale allemande plus d'un demi-siècle de paix scellée en réalité en 1951, lorsque les ministres des Affaires étrangères des "Six" - France, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Italie - signaient en grande pompe à Paris le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Quelques années plus tard, ce fut la signature des accords instituant la Communauté européenne le 25 mars 1957 à Rome. 

Un modèle social "unique" 

Pour Barroso, ce passé glorieux conditionne l'avenir. "C'est notre passé commun qui nous donne la force de nous attaquer aux défis communs", a-t-il déclaré à Bruxelles en soulignant que cette chance ne se représenterait pas. "En Europe, 2007 est l'année où le passé et l'avenir se rencontrent." Après avoir rappelé les succès des 50 années de construction européenne, comme la suppression des frontières et la création de l'euro, la Déclaration de Berlin insiste sur le fait que l'Europe a un modèle social "unique" à préserver. "Pour cette raison, aujourd'hui, cinquante ans après la signature des traités de Rome, nous sommes unis dans l'objectif commun de relancer, à temps pour les élections européennes de 2009, les fondations communes ("Grundlage") sur lesquelles l'Union européenne est bâtie", peut-on y lire. "Parce que nous le savons: l'Europe est notre avenir commun." 

Avant la fin de l'année ? 

Même s'ils font la part belle aux thèses françaises, notamment sur le modèle social et l'absence de référence à l'élargissement futur, par exemple à la Turquie, les termes sont choisis et il n'est jamais question du mot "constitution". Même si 18 pays ont ratifié le projet, il a été rejeté par les Français et les Néerlandais tandis que trois pays au moins - Royaume-uni, République tchèque et Pologne - rejettent le terme. Les dirigeants allemands, qui soutiennent officiellement la relance du traité constitutionnel, en font leur deuil en privé. Les dirigeants européens s'étaient déjà mis d'accord en décembre dernier pour trouver une solution à la crise institutionnelle avant la fin de 2008: il est donc tout à fait logique que les élections européennes de juin 2009 soient l'échéance pour l'adoption du texte qui devra être négocié. Mais le fait même de réitérer cet objectif malgré les réticences constitue un petit exploit dans les circonstances actuelles. Même la République tchèque, qui est peut-être la plus braquée contre le processus constitutionnel, a fini par accepter l'échéance 2009: son Premier ministre, Mirek Topolanek, a admis que "certains dossiers non résolus doivent être résolus." 

Les propositions des présidentiables français 

Comme s'il fallait profiter de cet état d'esprit favorable, le doyen du Conseil européen, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a prôné une accélération du processus. "Je pense qu'il serait de l'intérêt de tous d'avoir ce nouveau traité fondamental négocié avant la fin de cette année", a-t-il déclaré à la radio allemande en disant voir un "consensus grandissant" pour garder la "substance" de la Constitution. C'est la position défendue par le candidat de l'UMP à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, qui veut faire passer ce texte par la voie parlementaire. L'UDF François Bayrou propose une solution identique, mais veut passer par un nouveau référendum à risque, procédure également choisie par la socialiste Ségolène Royal, qui veut en outre ajouter un protocole social au futur traité institutionnel. Seul, le pape Benoît XVI est finalement contre cette déclaration de Berlin parce qu'elle n'évoque pas les racines chrétiennes de l'Europe, une revendication abandonnée même par les très catholiques dirigeants polonais. "Si, à l'occasion du 50e anniversaire du traité de Rome, les gouvernements de l'Union souhaitent se rapprocher de leurs concitoyens, comment peuvent-ils exclure un élément aussi essentiel à l'identité de l'Europe que la chrétienté ?", s'est-il interrogé devant les évêques européens.

Publié dans Communiqué

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