Estelle GRELIER - Communiqué de presse - vote du budget européen : "au pied du mur et par défaut"

Publié le par ps maromme

Dans le cadre de l'examen du budget européen, Estelle GRELIER est intervenu aujhourd'hui, à l'occasion de la session plénière du Parlement européen qui se déroule actuellement à Strasbourg pour souligner que c'est "au au pied du mur et par défaut" qu'elle votera ce budget, "parce que l'Europe, et surtout ses citoyens, ne peuvent pas se passer des interventions européennes, aussi insuffisantes soient-elles".  

Discours :

Strasbourg, 15 décembre 2009 - Session plénière du Parlement européen

Monsieur le Président,

Par essence, le vote du budget est un acte profondément politique.

Dans le budget qui nous est proposé, nous devons tirer un enseignement politique. Et il est majeur, fondamental.

Le budget de l'Union européenne, et particulièrement celui-ci, traduit l'absence de projet politique européen, alors même que, dans un contexte de crise et au début d'une nouvelle mandature, les citoyens européens en ont plus que jamais besoin.

Ce budget pose l'absence de vision globale pour l'Europe. Le Conseil et la Commission ont choisi de laisser les Etats membres développer chacun leur propre plan de relance, souvent concurrents, et ont ainsi renoncé à œuvrer à la coordination d'une relance économique, sociale et environnementale au plan européen.
Aucun effet levier recherché, aucune solidarité européenne stimulée.

Le Conseil et la Commission se donnent bonne conscience en saupoudrant un plan de relance à dose homéopathique.
Le budget 2010 assure, en effet, le financement de la seconde partie du plan de relance, qui se portera à 5 milliards d'euros, montant dérisoire.
Il permet de financer 300 millions d'euros pour le fonds laitier.  C’est très insuffisant quand on sait qu'en France, par exemple, le revenu net des agriculteurs en 2009 a baissé de 34% .
Le budget 2010 finance enfin 25 millions d'euros pour la micro-finance et permet, contre l'avis du Conseil, le maintien du projet de budget s'agissant des interventions des fonds de cohésion.

C'est donc au pied du mur, par défaut, que nous voterons ce budget, parce que l'Europe, ses citoyens, ne peuvent pas se passer de ces interventions, aussi insuffisantes soient-elles.

Collectivement, nous devons cependant nous interroger - et cela devient urgent - sur les moyens de financer les politiques ambitieuses dont l'Europe doit se doter et sortir le budget de l'Union européenne de son cadre actuel, contraint et inadapté.

Au-delà des grandes déclarations politiques, le Président de la Commission, Monsieur Barroso, doit nous dire comment il entend financer les politiques européennes d'avenir, sur lesquelles il disserte abondamment, notamment celles afférentes à la nouvelle stratégie de croissance et au changement climatique.  
Les citoyens européens ne pourront se contenter éternellement d'un budget aussi timide que celui qui nous est présenté.

Estelle GRELIER
Députée européenne
PS - SED



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