Libye: Hollande demande une commission d'enquête parlementaire
PARIS (AFP) - Le numéro un socialiste François Hollande a demandé vendredi une commission d'enquête parlementaire pour "faire le clair" sur les négociations entre la France et la Libye, après l'annonce par un haut responsable libyen de la signature de contrats d'armement avec EADS.
Il a relevé sur France Inter avoir demandé aux autorités françaises s'il y avait eu "des contreparties" à la libération des infirmières bulgares et du médecin détenus huit ans et "horriblement torturés". "On nous a dit il n'y a eu aucune contrepartie", a-t-il ajouté.
"Puis on a appris qu'il y avait un contrat civil sur un réacteur nucléaire. J'ai interrogé le ministère des Affaires étrangères là-dessus. Un vague mémorandum nous a été délivré. Rien sur un contrat d'armement", a poursuivi le premier secrétaire du PS.
"Il y a un vrai problème de méthode. Comment peut-on admettre dans une démocratie que Nicolas Sarkozy voudrait transparente, que ce soit le fils Kadhafi qui nous annonce un contrat d'armement signé, quand le ministère des Affaires étrangères n'en sait rien et que le ministre de la Défense, lui, parle pour le moment d'une lettre d'intention", a-t-il dit.
"Ce que je demande aujourd'hui, c'est une commission d'enquête parlementaire qui puisse faire le clair sur ce qui est de l'ordre de l'accord commercial j'allais dire classique et ce qui est de l'ordre d'une négociation avec un pays qui a détenu, hélas, des otages pendant huit ans et a essayé d'en jouer sur la scène internationale".
"Dans une démocratie comme la nôtre, la transparence doit être la règle", a insisté M. Hollande.
Un haut responsable libyen a annoncé jeudi à Tripoli que son pays avait signé un contrat d'armement avec MBDA, une filiale du groupe de défense EADS, pour l'achat de missiles antichar Milan à hauteur de 168 millions d'euros.