Retraites: Emmanuelli (PS) accuse Fillon de "démagogie"
Le député PS des Landes a résumé sur RTL la position du PS. "Il faut réexaminer la situation des régimes spéciaux dans le cadre du réexamen global du problème des retraites", prévu en 2008, a-t-il dit.
Selon lui, "il faut faire évoluer les régimes spéciaux, mais il faut le faire entreprise par entreprise", car chacun de ces 128 régimes a "son histoire". "Au total, c'est 1,8 million de personnes concernées sur 18 millions de retraités", a-t-il noté.
"C'est de la démagogie, a ajouté le député socialiste, de faire croire aux Français que tous les problèmes vont être résolus par la réforme des régimes spéciaux". Selon lui, en annonçant que cette réforme est prête, le Premier ministre essaie de "détourner l'attention de problèmes graves comme la faiblesse de la croissance".
Ces régimes spéciaux que le gouvernement entend aligner sur celui de la fonction publique "disparaîtront dans le temps sans doute", mais "la politique de la table rase, cela n'existe pas", a dit Henri Emmanuelli. "Il y a un vrai problème sur les retraites. Nous avons près de 30% de la population active qui devrait être au travail et qui n'y est pas. C'est le problème numéro un", a-t-il fait valoir.
Interrogé sur la TVA sociale, M. Emmanuelli a estimé qu'il s'agissait d'un "projet inepte" et s'est félicité de voir que son éventuelle mise en place était ajournée.
Le Bureau national (BN) du PS s'est déclaré, dans un communiqué publié mardi soir, favorable à "une évolution négociée des régimes spéciaux" mais "dans le cadre d'une négociation globale des retraites des Français".
Le communiqué ne prend pas position contre le projet du gouvernement Fillon d'aligner les régimes spéciaux sur le régime général des retraites. "Cet objectif n'est pas le nôtre", a toutefois déclaré le secrétaire national Benoît Hamon en rendant compte de la réunion hebdomadaire du BN, qui a adopté le texte "à l'unanimité moins cinq abstentions".
Selon le Bureau national, "il n'est pas possible de déconnecter l'évolution des régimes spéciaux -qui doit être traitée dans leur diversité et non de manière réductrice- de la négociation d'ensemble". Le BN fait aussi valoir que "l'évolution éventuelle de ces régimes spéciaux ne constitue absolument pas une réponse au financement pérenne du régime général des salariés".
Le communiqué énonce les axes d'une réforme des retraites, rappelant qu'elle est prévue dans la loi de 2003. L'un de ces axes, qui ne vient qu'en quatrième position, indique qu'il faut "prévoir une évolution négociée des régimes spéciaux, dans toute leur diversité financière, démographique, historique, dans le cadre d'une négociation globale des retraites des Français, dans le souci d'assurer la pérennité du système par répartition".
Benoît Hamon a souligné auprès de la presse "le contexte d'offensive générale contre les acquis sociaux menée par le gouvernement Fillon : service minimum dans les transports, bientôt le contrat de travail unique, les franchises médicales".
Il s'est élevé contre "une politique tendant à faire des cheminots, gaziers et électyriciens une noblesse du salariat". Selon lui, "le gouvernement se dirige vers une suppression des régimes spéciaux en esquivant toute refonte du régime général".
Ce dossier divise les socialistes, le député de l'Essonne Manuel Valls ayant pris position pour un alignement des régimes particuliers, auquel s'oppose publiquement le sénateur Jean-Luc Mélenchon. Pour des raisons diamétralement opposés, les deux parlementaires se sont abstenus.