Martine Aubry dénonce "un plan pour quasi-rien"
Martine Aubry a dénoncé jeudi "un plan pour quasi-rien" après la présentation du plan de relance de l'économie française par Nicolas Sarkozy. Lire la suite l'article
"Ce soir, la France n'a toujours pas un plan de relance économique, social et financier à la hauteur de la crise dans laquelle elle s'enfonce", a déploré la nouvelle Première secrétaire du PS lors d'un point presse rue de Solférino.
Démontant "l'opération de communication" de Nicolas Sarkozy, Mme Aubry a pointé l'absence de mesure pour le pouvoir d'achat, "si ce n'est une prime de 200 euros pour 3,8 millions de Français". "Les Français ont d'abord un problème, le pouvoir d'achat. C'est cela qui bloque la relance de la consommation et de la croissance. Sur ce sujet, aucune annonce", a-t-elle attaqué.
De même, il n'y a "rien sur le logement -quelques crédits de recyclage et de rattrapage-, rien sur l'investissement public qui n'ait déjà été prévu, des remboursements pour les entreprises qui sont des dettes de l'Etat et quelques mesures structurelles extrêmement peu importantes et inefficaces". "Tous les éléments majeurs d'une relance économique ne sont pas traités", a accusé la Première secrétaire.
La maire de Lille s'est par ailleurs inquiétée de la simplification des règles des marchés publics annoncée par Nicolas Sarkozy. "On déréglemente les marchés publics", s'est-elle alarmée. "Si on manque de logements sociaux à Neuilly, ce n'est pas parce qu'il y a des règles d'urbanisme, c'est par manque de volonté politique".
Rappelant les propositions des socialistes, Martine Aubry a réclamé la mise entre parenthèses du paquet fiscal voté en 2007, la reprise des niches fiscales, la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, la majoration des allocations sur le logement, le doublement de la prime pour l'emploi et la mise en oeuvre du chèque transport.
"Nous demandions ce que Gordon Brown a fait en Grande-Bretagne, ce que José Luis Zapatero a annoncé la semaine dernière en Espagne: une relance du pouvoir d'achat pour les plus faibles, une relance du logement social, un accompagnement des collectivités locales et des mesures pour ceux qui sont atteints par les licenciements", a-t-elle fait valoir.
Avec les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, "nous allons nous enfoncer dans la crise, peut-être plus que d'autres". "Les Français qui ont un problème de pouvoir d'achat et sont dans l'angoisse parce qu'il viennent d'apprendre leur licenciement, pour ceux-là, malheureusement, rien de neuf ce soir", a conclu Mme Aubry. AP