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Publié le par ps maromme

Syndicats sceptiques et critiques après les voeux de Jacques Chirac

Par Isabelle CORTES

PARIS (AFP) - Les syndicats ont été pour la plupart très critiques jeudi après les voeux de Jacques Chirac aux forces vives, les derniers de son second mandat, se montrant opposés ou dubitatifs face à l'idée d'une fusion entre l'Unedic (assurance chômage) et l'ANPE.

A quatre mois de l'élection présidentielle, les propositions sociales et économiques faites par l'occupant de l'Elysée ont surtout été ressenties comme des prises de position politiques, tant des mesures concrètes semblent désormais peu envisageables.

 

"La session parlementaire s'achève dans moins d'un mois, on entre maintenant dans une période de débat politique. Ce discours est un discours-programme dans le débat politique", a ainsi estimé le secrétaire général de la CFDT François Chérèque.

 

Face aux pistes de "réformes majeures" énoncées par Jacques Chirac pour parvenir au "seul objectif qui vaille, le plein emploi", les leaders syndicaux ont globalement exprimé leur désaccord. La CGT, dont le secrétaire général Bernard Thibault était absent, n'a pas jugé utile de réagir.

 

Alors que le chef de l'Etat a invité à "dépasser les intérêts particuliers et les conservatismes" pour "bâtir un nouvel instrument de combat pour l'emploi, à partir de la fusion de l'ANPE et de l'Unedic", les syndicats, sauf la CFE-CGC, ont dénoncé une fausse bonne idée.

 

Même la Cour des comptes avait observé en mars dans un rapport qu'"une fusion aurait certes l'avantage de la simplicité, mais il n'est pas apparu certain qu'un organisme regroupant plus de 40.000 salariés ayant à l'origine des cultures, des statuts et des niveaux de rémunération distincts puisse être plus efficace".

 

Non seulement "cela fait des années que l'on parle de la fusion ANPE-Unedic", a noté Jean-Claude Mailly (FO), mais "une meilleure coordination existe déjà notamment sur le plan informatique et on règle le problème du chômage en créant des emplois, pas en jouant sur des structures".

 

S'il faut "faire en sorte que les chômeurs soient mieux accompagnés, cela ne doit pas passer par une fusion Unedic-ANPE, a renchéri M. Chérèque, jugeant que "les partenaires sociaux doivent conserver des prérogatives fortes sur la gestion de l'assurance chômage".

 

Le leader cédétiste n'a pas été rassuré par la promesse de Jacques Chirac selon laquelle "il reviendra aux partenaires sociaux, aux côtés de l'Etat, de gérer ce nouvel ensemble".

 

Une inquiétude partagée du côté patronal par la CGPME. "Gestion tripartite signifie en fait gestion étatique et l'Etat pourra faire passer les mesures qu'il a envie de faire passer", a mis en garde Jean-François Roubaud, "très inquiet" de voir "un monstre indirigeable" naître d'une telle fusion.

 

"Dubitatif", Jacques Voisin (CFTC) a jugé "surprenant de voir cette idée resurgir au moment où l'on parle de renforcer le dialogue social".

 

Quant à la création d'une "sécurité sociale professionnelle", mesure inspirée de demandes syndicales, elle est apparue aux syndicats floue, voire détournée de son objectif premier.

 

"La sécurité sociale professionnelle, c'est définir de nouvelles garanties collectives pour éviter les ruptures dans la vie des salariés. Cela ne peut pas se résumer à fusionner des organismes", a observé M. Mailly.

 

Saluée par le patronat, la baisse de l'impôt sur les sociétés a aussi été contestée par les syndicats. FO y voit "une logique de dumping fiscal et social" et la CFDT souhaite que "le problème de la fiscalité des entreprises soit posé au niveau européen"
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Publié dans Communiqué

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