CGT, CFDT et FO mettent en garde sur la méthode Sarkozy
Jean-Claude Mailly a alerté sur "l'effet boomerang" d'un éventuel passage en force sur les dossiers sociaux figurant dans son programme en cette période de forte attente sociale.
Le secrétaire général de Force ouvrière rappelle avoir exprimé des "réserves" ou "oppositions" sur le service minimum dans les transports, l'avenir des services publics et de leurs effectifs, les régimes spéciaux ou le contrat de travail unique, notamment.
"Toute tentative de passer en force générerait des effets boomerang et fragiliserait ou compromettrait ce qu'on appelle le dialogue social", souligne-t-il dans un communiqué.
Jean-Claude Mailly prévient qu'il faudra refaire "la distinction entre négociation, concertation et consultation."
"Les attentes sociales sont fortes, très fortes. La période va être charnière. Comme nous l'avons toujours fait, nous jugerons les pouvoirs publics sur leurs actes", précise-t-il.
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a pour sa part dit sur France-Info attendre que Nicolas Sarkozy "précise les modalités par lesquels il entend au moins mener une concertation et au mieux une négociation sur un certain nombre de sujets".
"Les attentes sociales sont fortes et naturellement les organisations syndicales sont aussi des interlocuteurs avec lesquels il faut prendre le temps du dialogue et de la négociation", a dit Bernard Thibault selon lequel il "ne faut plus rééditer l'exemple du CPE".
"En fonction des sujets nous serons toujours à même de présenter des revendications, des propositions".
THIBAULT DECONSEILLE DE LEGIFERER EN VITESSE
Bernard Thibault a mis en garde contre "toute velléité de légiférer en urgence, spécialement sur les droits syndicaux et les droits de grève" et a estimé qu'il y avait "toute une série de préoccupations sociales qui nécessitent d'être approfondies avec les organisations syndicales".
Il a notamment cité l'emploi, le pouvoir d'achat et le service public.
De son côté, la CFDT, dans un communiqué, estime que la campagne électorale a montré "une forte attente citoyenne de rénovation de la vie politique".
"Les réponses attendues par les salariés devront se construire avec la participation active des partenaires sociaux, dans le cadre de la loi sur le dialogue social", écrit-elle dans un communiqué.
La méthode que choisira le chef de l'Etat "pour impulser les réformes sera à ce titre déterminante", souligne la CFDT.
Son secrétaire général, François Chérèque, a espéré sur France-Info une rencontre "très rapidement sur la méthode" afin de définir "une façon de travailler, de fonctionner".
"Quels sont les éléments qui vont être laissés à la négociation entre syndicats et organisations patronales. Quels sont les éléments qu'on doit construire en commun avec le futur gouvernement et qu'est-ce qui revient à la responsabilité propre du gouvernement?", a-t-il dit.
"C'est une façon de faire, qui à mon avis évitera (...) les passages en force, donc les réactions de désaccord", a souligné François Chérèque. "C'est un message qui est constant (...) et tout le monde sait très bien que la CFDT sera très vigilante sur ce sujet-là", a-t-il ajouté.