Meeting suite ..

Publié le par ps maromme

La candidate socialiste, qui remonte dans les sondages, tenait meeting avec l'ancien premier ministre, samedi, dans son fief.

 
LE « TROU D'AIR », pensent-ils, est derrière eux. Les quelque 6 000 militants socialistes venus applaudir le tandem Ségolène Royal-Laurent Fabius samedi au Grand-Quevilly, en Seine-Maritime, sont repartis soulagés : la photo de famille était belle et la candidate à la présidentielle « solide et sereine ». En une semaine, le climat de campagne a changé au PS. L'heure est à la confrontation. « Les Français la veulent », a expliqué Ségolène Royal hier dans Le Parisien. La socialiste juge aussi que Nicolas Sarkozy s'est « fortement droitisé ».
 
Un sondage, surtout, a redonné le moral aux troupes. Dans cette enquête Ifop parue hier dans le JDD, Ségolène Royal, en hausse de 2,5 points, et Nicolas Sarkozy, en baisse de 4 points, font désormais jeu égal au premier tour à 28 % d'intentions de vote. Certes, au second tour, le ministre de l'Intérieur l'emporte encore, mais avec une très courte avance : 50,5 % contre 49,5 %. Mais le rapport de force demeure défavorable à la gauche. Dans Le Parisien, hier, Ségolène Royal s'en dit consciente. « La gauche est plus difficile à rassembler que la droite, explique-t-elle. C'est plus difficile, mais plus stimulant aussi. Cela dit, un nouveau 21 avril n'est pas à écarter s'il y a dispersion des voix ou brouillage des enjeux. »
 
Samedi, la candidate a mis en scène sa nouvelle stratégie de rassemblement. Premier éléphant à s'afficher à ses côtés : Laurent Fabius. Après avoir déjeuné ensemble, et posé pour les photographes sur les bords de Seine, les deux responsables PS ont tenu un meeting dans le fief de l'ancien premier ministre. Royal-Fabius, c'est le « cocktail gagnant », assurent les partisans du député de Seine-Maritime. Laurent Fabius, le mal-aimé du PS, veut se transformer en bon élève.
 
À la tribune, Fabius, irréprochable, exprime son soutien à de multiples reprises, oubliant toutes les critiques qu'il avait pu formuler. Cinglant : « Le vote anti-Sarkozy, c'est le vote Ségolène Royal ! » Littéraire : « C'est Alexandre Dumas qui résume le mieux notre état d'esprit désormais, chère Ségolène : c'est une pour tous et tous pour une. » Catégorique : « Ton succès n'est pas une hypothèse, mais une nécessité. »
 
Bayrou, «la victime, le crucifié des médias »
 
Partisan de l'opposition frontale, il ne ménage pas ses attaques. Contre Nicolas Sarkozy, d'abord, surnommé «M. Supercherie » : « C'est M. Chirac avec des pantalons un peu plus courts, l'attachement dans la laïcité républicaine en moins et le soutien à la politique étrangère de Bush en plus. » Avec ironie, ensuite, contre François Bayrou, « la victime, le crucifié des médias » : « Nous refusons le confusionnisme », dit-il.
 
Laurent Fabius espérait-il être récompensé de ses efforts ? Ségolène Royal, soucieuse de son indépendance, ne lui a pas envoyé de signes particuliers. Elle a juste repris à son compte une formule qui avait caractérisé Laurent Fabius avant son virage à gauche : la « gauche moderne ». « Je veux bâtir avec vous tous la gauche moderne, celle du XXIe siècle », a-t-elle lancé aux militants. « La gauche nouvelle et efficace n'oublie rien, ni les luttes ouvrières ni les conquêtes sociales. Elle n'oublie pas que ceux qui ont le pouvoir l'abandonnent rarement d'eux-mêmes. (...) La gauche efficace a aussi les yeux ouverts sur la réalité, elle sait que faute d'être confrontées au réel, les idées se transforment en dogmes. »
 
Si elle est élue, elle prévient : « Nous devrons à marche forcée réorienter nos efforts dans les deux premières années de l'exercice du pouvoir et vous verrez que les choses se retourneront. » Elle plaide notamment pour une réorientation des exonérations de charges pour les entreprises.
 
Face à un public qui avait massivement voté contre le traité constitutionnel en 2005, Ségolène Royal a défendu l'idée d'une « Europe qui protège ». Elle a plaidé pour « l'instauration de taux plancher d'imposition sur les sociétés pour freiner les délocalisations à l'intérieur de l'espace européen ». Une idée qui a plu aux partisans de Fabius. À la sortie du meeting, les partisans de Laurent Fabius ne s'offusquaient pas que Ségolène Royal n'ait pas été particulièrement chaleureuse vis-à-vis de l'ancien premier ministre. Ils s'en remettent à l'accord qui sous-tend « l'équipe du pacte présidentiel ». « Les enchères sont à un bon niveau », dit l'un d'eux dans une formule surprenante. Traduction : qu'elle le veuille ou non, Ségolène Royal a désormais besoin des réseaux et des compétences des éléphants socialistes. Elle ne pourra plus en faire à sa guise et les marginaliser.
 

Publié dans Présidentielles 2007

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